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    April 03

    Ecologie dans le débat pour la présidence : LE POINT

     
    Ainsi, si la cause écologique a, indéniablement, utilement progressé dans l'opinion, elle semble en revanche avoir régressé dans la réflexion utile des partis alors que, contrairement à l'image que Nicolas Hulot tente d'en donner après avoir lui-même renoncé au combat politique, elle y avait considérablement avancé sans que les responsables osent d'ailleurs se l'avouer à eux-mêmes !

    Quelques exemples suffiront.

    Les candidats semblent avoir quelques difficultés à sortir du flou dans lequel ils se cantonnent à l'égard de leur programme environnemental :

    Si Ségolène Royal se mord publiquement les doigts que le parti socialiste avait depuis longtemps déléguer -donc délaisser- la cause de la planète aux Verts, ce qui est déjà en soi le signe d'un renouveau, le retard à l'allumage reste impressionnant et l'improvisation consternante. Il n'est de jour où son opinion sur l'EPR ne varie, coincée entre les positions Green-Peaco-atlantiste assez traditionnellement anti-hexagonale de son conseiller Bruno Rebelle et celles des réalistes du PS qui ne peuvent accepter que soit bradée l'indépendance énergétique de la France et sa capacité à tenir un premier rang dans la lutte contre la dérive climatique.


    S.Royal

    François Bayrou a signé des deux mains le pacte, y compris ajoute t-il lui-même, les cinq propositions, donc le super ministère pour un vice premier ministre et la taxe intérieure carbone augmentant jusqu'à obtenir le facteur 4 ! Soyons indulgent car François Bayrou, militant écologiste de la première heure, dans sa jeunesse dans les réseaux Lanza del Vasto, a des titres de légitimité autrement moins contestables que ceux de Nicolas Hulot. Fondateur en novembre 1995 du premier mouvement politique généraliste à intégrer une vraie charte du développement durable (FD), anticipant ce qu'allait devenir le préambule de la Constitution, il signait le 4 octobre 1996 un pacte écologique en dix points, dont il était en partie le co auteur* et dont le fameux pacte actuel ne fait que reprendre (en plus flou) les éléments et notamment l'objectif d'écologisation progressive de la fiscalité générale comme outil de cohérence des leviers d'action pour un développement durable.

    F. Bayrou

    Nicolas Sarkozy, signant le pacte, soulignait qu'il était le seul à faire de cet objectif une réalité programmatique en proposant de doubler la fiscalité environnementale. En revanche, il ne manquait une occasion de rappeler qu'il n'en approuvait pas toutes les voies proposées.
     

    N.Sarkozi

    En revanche, quelles seront les positions réelles des candidats lorsque, en cas d'élection, ils devront engager la France dans des discussions qui détermineront l'avenir des Français plus prfondément et plus durablement que tous les débats sociétaux qui occupent le devant d'une scène où les aspects internationaux, européens et géostratégiques de fond sont à tort considérés comme subsidiaires ?

    C'est pourquoi de nombreuses associations ont souhaité poser de vraies questions aux candidats. Ces questions ont passionné les experts. Quant aux candidats, sur les questions de durabilité, sans doute appliquent t-ils à la lettre ce qu'ils ont à juste titre compris de cette maxime "durable" devenue si récurrente dans les temps modernes de l'urgence - écologique et non écologique- : "il faut donner du temps au temps !"
     
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