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    July 13

    Les piscines biologiques, ça existe !

    Combloux, au pied du Mont-Blanc, vitrine des piscines biologiques en France

    Face au Mont-Blanc, la piscine de Combloux, ouverte en 2002, peut s'enorgueillir d'avoir été, en France, la première piscine municipale biologique: un exemple qui a fait des émules malgré le vide juridique entourant sa réglementation.

    Une eau cristalline, des roseaux et des joncs sur les rives, des nénuphars, une ambiance zen... Quel contraste avec une piscine "traditionnelle" !

    Les plantes, disposées dans les bassins de filtrage et de régénération de ce plan d'eau de 4.500m2, dont 1.500 m2 consacrés à la baignade, remplissent un rôle majeur dans le traitement de l'eau puisque ici, aucun produit phytosanitaire n'est utilisé.

    "On recrée artificiellement ce qui existe naturellement avec un système d'auto-épuration. Les plantes développent des bactéries saines et traitent l'eau de

    baignade de ses impuretés en digérant les matières organiques", explique Amandine Davin, en charge du plan d'eau.

    Précurseur en France, la piscine de Combloux, qui a depuis montré la voie à d'autres communes et même à des campings, a pris au dépourvu les administrations.

    "La piscine bio ne correspond ni à la définition d'une eau de baignade prévue par les directives européennes, puisque l'eau est traitée et ne circule pas librement, ni à celle fixée pour une piscine suivant le code de la santé publique, l'eau n'étant ni désinfectée, ni désinfectante", explique la direction générale de la Santé.

    "Ces baignades artificielles ne sont donc soumises réglementairement à aucune règle sanitaire de conception, ni à aucune procédure d'autorisation préalable à l'ouverture au public", ajoute-t-elle, dans une circulaire datée du 2 juin 2008.

    La piscine de Combloux, dont l'ouverture a été autorisée à titre expérimental pour 3 ans par la DDASS (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales) de Haute-Savoie, a vu son autorisation prolongée chaque année, souligne le maire de la commune, Jean Bertoluzzi.

    "La DDASS a validé le projet de la piscine de Combloux mais le conseil d'Etat n'a toujours pas donné son accord. Nous attendons avec impatience les conclusions de l'AFSSET (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail, ndlr) pour enfin obtenir une autorisation définitive", s'impatiente M. Bertoluzzi.

    L'AFSSET a en effet été saisie fin 2006 par les ministères de la Santé et de l'Ecologie afin d'évaluer les risques sanitaires. Ses conclusions, repoussées à plusieurs reprises, sont attendues pour l'automne prochain.

    En attendant, cela n'a pas empêché les autorités à donner leur accord pour augmenter le nombre de personnes accueillies chaque jour, celui-ci passant de 500 à 700 personnes, relève le maire.

    "En Autriche ou en Suisse, les autorités sont moins frileuses et les piscines de ce style existent depuis longtemps", fait remarquer M. Bertoluzzi.

    Raphaël Colson, architecte chargé de la construction de la piscine, est d'ailleurs persuadé que le concept n'en est qu'à ses débuts: "Il y a clairement un potentiel, avec la grande vague verte qui est en train de toucher tout le monde".

    COMBLOUX- 11.07.2009 16:22