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    August 18

    La classification phylogénétique

     

    Classification2

     
     
    Rappel :
    La taxinomie (du grec ταξινομία taxis, « placement », « mise en ordre », et nomos, « loi ») est la science qui a pour objet de décrire les organismes vivants et de les regrouper en entités appelées taxons (familles, genres, espèces, etc.) afin de pouvoir les nommer et les classer
    .
     
    La classification phylogénétique est un système de classification systématique des êtres vivants. Elle tente de remplacer la classification scientifique traditionnelle basé
    e sur des traits multiples : biologiques, phénotypiques (anatomiques) et physiologiques (phénomènes physico-chimiques, nutrition). Une des caractéristiques de l'approche phylogénétique est que cette classification bouleverse les classifications fixistes comme celle développées par Carl von Linné. La nomenclature binomiale de Linné était basée sur l'adage que toutes les espèces sont apparues en même temps et que celles-ci étaient fixes. Alors que la classification phylogénétique illustre les principes d'évolutions et de parenté des espèces. 
     
     
    Exemple de l'Homme

    Un exemple détaillé permet d'avoir une idée de la différence de résultat, par rapport à l'approche traditionnelle. L'exemple incontournable est celui de l'homme. Voici une partie des nœuds successifs permettant de classer l'homme (certains intermédiaires ont été omis arbitrairement) telle qu'apparaissant dans Classification phylogénétique du vivant (Guillaume Lecointre et Hervé Le Guyader, édition Belin) (la description associée à chaque clade est peu rigoureuse et vise juste à fixer les idées) :

    • Espèce Homo sapiens
    • Genre Homo : inclut les espèces fossiles comme néanderthal ou erectus
    • Hominines : les genres Australopithecus et Homo
    • Homininés : les deux espèces de chimpanzés et les hominines
    • Famille Hominidés : gorille et Homininés
    • Hominoïdés : on ajoute l'orang-outan
    • Hominoïdes : on ajoute les gibbons
    • Catarrhiniens : les singes de l'ancien monde
    • Simiiformes : singes
    • Haplorrhiniens : singes et tarsiers
    • Ordre Primates (stricto sensu) : la plus grande partie de l'ancien ordre des primates
    • Primates (lato sensu) : s'ajoutent les Scandentiens (toupayes)
    • Archontes : s'ajoutent les Chiroptères (chauve-souris) et les Dermoptères
    • Preptothériens : s'ajoutent la plupart des mammifères placentaires
    • Euthériens : s'ajoutent les pangolins et fourmiliers (Xénarthres) pour compléter les mammifères placentaires
    • Thériens : s'ajoutent les marsupiaux
    • Classe Mammifères : l'ancienne classe du même nom, les précédents plus les monotrèmes (ornithorhynques et échidnés)
    • Amniotes : s'ajoutent l'ancienne classe des reptiles et les oiseaux
    • Tétrapodes : s'ajoutent en gros les amphibiens
    • Sarcoptérygiens : s'ajoutent dipneustes puis coelacanthes
    • Ostéichthyens : s'ajoutent les actinoptérygiens (la majeure partie des « poissons osseux »)
    • Vertébrés : s'ajoutent les requins puis les lamproies
    • Craniates : s'ajoutent les myxines
    • Embranchement Chordés : s'ajoutent amphioxus et ascidies
    • Deutérostomiens : s'ajoutent les échinodermes (étoiles de mer, oursins, ...)
    • Bilatériens : animaux symétriques : s'ajoutent aux précédents, entre autres, les protostomiens qui incluent, entre beaucoup d'autres, différents groupes de vers, les arthropodes (insectes), les mollusques (escargots)
    • Eumétazoaires : animaux organisés, s'ajoutent aux précédents les cnidaires par exemple
    • Métazoaires : l'ancien règne animal, s'ajoutent aux précédents différents groupes d'éponges
    • Opisthocontes : s'ajoutent, entre autres, les champignons
    • Domaine Eucaryotes : êtres vivants à cellules à noyau ; s'ajoutent aux précédents listés ci-dessus la lignée verte (algues vertes, algues rouges, plantes à fleurs), la lignée brune (algues brunes, ...) et toute une collection de groupements d'espèces unicellulaires

     

    Différences avec la classification traditionnelle

    Citons enfin quelques exemples de changements spectaculaires par rapport à la classification traditionnelle.

    • Tous les ancêtres des dinosaures sont aussi des ancêtres des oiseaux, ce qui amène à considérer ceux-ci comme les descendants d'un groupe de petits dinosaures volants vivants au crétacé. Le concept de « reptile » est abandonné.
    • Précisons la relation entre oiseaux et dinosaures. Pour certains auteurs, le vélociraptor est considéré comme plus proche des oiseaux que le tyrannosaure, et ce dernier est considéré plus proche des oiseaux que du diplodocus.
    • Les plus proches parents des cétacés seraient les hippopotames. Le concept d' « artiodactyles » est abandonné.
    • Les plus proches parents vivants des oiseaux sont les crocodiles.
    • Les poissons osseux sont plus proches des mammifères que des requins. Le concept de « poisson » est abandonné.
    • L'ancien groupe des « algues » explose en tous sens, certaines étant groupées avec les plantes vertes, d'autres avec les bactéries.
    • Le concept de « protiste » est abandonné, au profit de groupes pouvant mélanger êtres multicellulaires et monocellulaires (par exemple les straménopiles regroupent les algues brunes - dont les kelp, jusqu'à 60 m de long - et les diatomées unicellulaires).
    • La division entre Procaryotes et Eucaryotes est abandonnée, au profit de la division en trois du vivant.
    • L'application de cette classification aux angiospermes est illustrée par la classification APG (Angiosperms Phylogeny Group).

    +++

    - Site sur la taxinomie (embranchements, genre, familles, espèces, sous espèces)

    - Photo-guide taxinomique du monde animal

     

     

    August 26

    ET L'OXYGENE FUT ...

     
    Comment l’atmosphère terrestre a-t-elle pu s’enrichir en oxygène, il y a 2,4 milliards d’années ? Et surtout, pourquoi a-t-il fallu attendre 300 millions d’années après que les premières bactéries photosynthétiques aient commencé à produire ce gaz vital, pour constater une élévation notable ? Plusieurs scénarios tentent de l’expliquer, mais aucun n’a jusqu’à présent pu élucider complètement la distribution de l’oxygène dans le ciel de la Terre primitive.

    L’une des grandes raisons couramment avancée pour expliquer cette lente diffusion de l’O2 dans l’atmosphère est le volcanisme. Les gaz recrachés par les cratères se seraient combinés avec l’oxygène pour former de nouveaux composés retardant d’autant l’élévation du niveau atmosphérique en O2. Ce processus a agit comme une véritable « pompe à oxygène ».


    L’autre mécanisme capteur est le fer présent dans la croûte terrestre, provenant des météorites qui bombardaient la Terre à ses débuts. L’oxygène libre a été consommé par le métal qui s’est oxydé et rouillé.
    En modélisant l’impact du fer sur la distribution de l’oxygène, les chercheurs de l’Université de Washington ont été surpris en constatant que les variations de la quantité de fer estimée dans la croûte terrestre pouvaient bouleverser tout le cycle de l’eau. Augmenter, de 5 fois, la quantité de métal ferreux dans la croûte aurait retardé l’oxygénation d’un milliard d’années tandis qu’en n’en conservant qu’un cinquième on aurait permis à l’oxygène de gagner l’atmosphère un milliard d’années plus tôt. Le fer a donc joué un rôle majeur dans la constitution de l’atmosphère des terrestre.

    L’enrichissement de la terre en oxygène a commencé lorsque les premières cyanobactéries ont utilisé la photosynthèse pour avoir de l’énergie. Dans ce processus, les bactéries transforment le carbone et l’eau en carbone organique et en oxygène libre, ce dernier, se combinant presque instantanément avec de l’hydrogène et du carbone pour former d’autres composés. Ce qui explique que l’oxygène libre ne se soit pas accumulé facilement dans l’atmosphère. Ce n’est seulement qu’à partir de 2,4 milliards d’années en arrière que les sources d’oxygène à long terme ont été suffisamment nombreuses pour compenser cette consommation immédiate et venir enrichir l’atmosphère qui dans le même temps s’allégeait en méthane, détruit par les ultraviolets du soleil.
    June 15

    Climat: le doute est levé

     

    Onze académies des sciences exigent une action contre le réchauffement

    Louis-Gilles Francoeur
    Édition du mercredi 8 juin 2005

    Mots clés : Québec (province), réchauffement, climat

     

    Les académies des sciences des pays du G8 et celles des trois plus gros pays en voie de développement consommateurs de pétrole -- la Chine, l'Inde et le Brésil -- ont fait hier un geste politique sans précédent en signant une déclaration commune à Londres, affirmant que le doute entretenu par certains à l'endroit des changements climatiques ne justifie plus l'inaction et qu'au contraire, il faut «enclencher immédiatement» un plan d'action planétaire pour conjurer cette menace globale.

     

    La déclaration faite par les meilleurs scientifiques des plus importants pays de la planète, dont les porte-parole n'ont pas hésité à stigmatiser l'inaction des États-Unis, a immédiatement été suivie à Washington par une déclaration du président américain, George W. Bush. Ce dernier a tenté d'atténuer cette nouvelle pression internationale en déclarant que, «sur les changements climatiques, [il a] toujours dit qu'il s'agissait d'un grave problème à long terme auquel il faut s'attaquer». Le président américain n'a toutefois pas précisé ce qu'il entendait par «long terme».

    Les États-Unis, qui constituent 5 % de la population mondiale, émettent chaque année le quart de toutes les émissions de GES de la planète et leur contribution globale depuis le début de l'ère industrielle s'élève au tiers de toutes les émissions d'origine humaine.



    Les 11 académies scientifiques affirment que le réchauffement du climat doit de toute évidence être attribué aux activités humaines, et en particulier à l'utilisation de combustibles fossiles pour le transport et l'énergie : «La compréhension actuelle que nous avons des changements climatiques est désormais clairement suffisante pour justifier une action rapide de la part des nations» afin de conjurer le mégaphénomène planétaire.

    Même s'il demeure des chercheurs qui contestent la réalité des changements climatiques, leur poids demeure marginal par rapport à celui des académies scientifiques, qui regroupent le gratin des scientifiques de chaque pays.

    Pour Lord May of Oxford, président de la Société royale des sciences d'Angleterre, le sommet du G8 des prochaines semaines constituera «un moment sans précédent dans l'histoire humaine» parce qu'il déterminera si la planète réagit avec réalisme, précaution et solidarité devant la plus grande menace d'origine humaine qui la confronte.

    «Nos leaders, a-t-il dit, sont devant un choix incontournable : ils bougent maintenant ou transfèrent le prix de l'inaction aux prochaines générations. Jamais dans le passé notre espèce n'a fait face à un défi aussi global. Et si nous ne passons pas à l'action maintenant, tout retard rendra plus difficile nos démarches pour arrêter ce train infernal qui ne cesse d'accélérer.»

    Les scientifiques, qui n'ont toutefois pas déposé de scénario de réductions, ont demandé aux États-membres du G8 «de déterminer les mesures rentables dans une logique de coûts-bénéfices, qu'on pourrait mettre en place maintenant pour contribuer à des réductions de GES, substantielles et permanentes».

    L'action californienne

    Au même moment, en Californie, des centaines de maires provenant des plus grandes villes du globe ont signé un protocole d'entente axé principalement sur la lutte locale aux changements climatiques, grâce à un plan en 21 points axé principalement sur une amélioration radicale des transports en commun d'ici 10 ans et une croissance zéro des déchets voués à l'enfouissement, une autre source non négligeable de GES. Leur protocole vise aussi à réduire de 10 % d'ici sept ans la consommation d'électricité des grandes villes du monde en modifiant l'éclairage, les règles gouvernant la publicité, la climatisation, etc.

    La veille, le gouverneur de la Californie, Arnold Schwarzenegger, ouvrait la marche en signant le décret qui rend exécutoires légalement les objectifs de réduction des GES de cet État.

    Pour Steven Guilbeault, de Greenpeace Québec, la prochaine rencontre des parties au protocole de Kyoto, qui se déroulera à Montréal en novembre, devrait ouvrir la porte à des ententes avec des gouvernements autres que ceux des États-nations, voire avec des mégapoles urbaines, au lieu de toujours attendre le feu vert des gouvernements nationaux, ce qui permettrait notamment d'élargir le marché international d'échanges ou d'achats de permis d'émissions.

    Source : www.ledevoir.com

    Pour en savoir + sur les GES (Gaz a Effet de Serre) :

    www.inra.fr/sia2003/ effet-serre.html.